Le couperet est tombé brutalement : myAE, l’outil de gestion plébiscité par plus de 182 000 auto-entrepreneurs depuis 2009, a fermé ses portes le 30 janvier. Cette annonce, faite avec un préavis d’un mois seulement, a créé une onde de choc dans la communauté des micro-entrepreneurs français. Contrairement à l’émotion suscitée par le doublement des tarifs de Silae dans le secteur comptable, cette fermeture reste curieusement sous-médiatisée.
La situation rappelle l’arrêt de QuickBooks en France l’année dernière, confirmant une tendance inquiétante : la fin progressive des solutions gratuites de gestion d’entreprise. Pour des milliers d’entrepreneurs habitués à la simplicité de myAE, l’urgence est désormais de récupérer leurs données et de trouver une alternative viable, sans perdre l’historique de leur activité.
Les raisons derrière la fermeture brutale de myAE
La disparition de myAE s’inscrit dans un contexte réglementaire mouvant. La réforme de la facturation électronique, qui impose de nouvelles exigences techniques aux éditeurs de logiciels, a considérablement alourdi les coûts de développement et de maintenance. Pour un service gratuit comme myAE, ces investissements sont devenus insoutenables.
Cette transformation du marché touche particulièrement les auto-entrepreneurs, souvent moins accompagnés que les entreprises traditionnelles. Contrairement aux experts-comptables qui disposent de relais d’information via des organismes comme Net-Entreprises.fr ou les services de l’URSSAF, les micro-entrepreneurs naviguent souvent seuls dans ces transitions technologiques.

Le silence médiatique autour de cette fermeture soulève des questions sur la représentation des auto-entrepreneurs. Des plateformes comme AutoEntrepreneur.fr ou MonAE.fr peinent à relayer massivement ces alertes, laissant de nombreux utilisateurs découvrir la situation au dernier moment.
- Impact de la facturation électronique obligatoire sur les coûts de développement
- Modèle économique gratuit devenu insoutenable pour les éditeurs
- Manque de visibilité médiatique comparé à d’autres secteurs
- Absence de mobilisation des organisations représentatives
Solutions alternatives après la fermeture de myAE
Face à cette situation d’urgence, plusieurs options s’offrent aux anciens utilisateurs de myAE. Evoliz, recommandé par myAE lui-même, propose une migration partielle des données mais impose une montée en gamme payante. Cette solution, bien qu’efficace, ne convient pas à tous les budgets d’auto-entrepreneurs.
Altoviz : une alternative pensée pour la transition
Altoviz se positionne comme une solution spécialement adaptée aux besoins des utilisateurs de myAE. Cette plateforme propose un outil de migration spécifique permettant de récupérer non seulement les données mais aussi les documents PDF originaux, assurant une continuité documentaire essentielle.
L’avantage principal d’Altoviz réside dans sa gratuité maintenue et son accompagnement humain renforcé. Contrairement aux grandes plateformes automatisées, cette solution privilégie le contact direct avec ses utilisateurs, un atout précieux lors d’une migration d’urgence.
- Migration complète des données historiques de myAE
- Conservation des documents PDF originaux
- Interface simplifiée pour les non-spécialistes
- Support client personnalisé pendant la transition
- Absence de limitation sur le nombre de factures
D’autres solutions existent sur le marché, mais nécessitent souvent une reconfiguration complète des paramètres. Les auto-entrepreneurs peuvent également se tourner vers des services institutionnels comme ceux proposés via Service-Public.fr ou consulter les ressources de Legalstart.fr pour obtenir des conseils sur la transition.
Démarches administratives à ne pas négliger
La migration vers une nouvelle solution ne se limite pas au simple transfert de données. Les auto-entrepreneurs doivent également s’assurer de la continuité de leurs déclarations auprès des organismes officiels. Pôle emploi, pour ceux qui cumulent allocation et activité indépendante, doit être informé de tout changement d’outil de gestion.
Les déclarations fiscales via Impots.gouv.fr restent inchangées, mais il convient de vérifier que le nouvel outil permet bien d’éditer les justificatifs nécessaires aux contrôles. Certains entrepreneurs choisissent d’envoyer une notification officielle via Lettre-Recommandee.com pour tracer leur changement d’outil auprès de l’URSSAF.
Stratégies pour réussir sa migration sans perdre de données
La récupération des informations constitue l’étape la plus critique de cette transition. Agir rapidement reste impératif, même si myAE a prolongé l’accès aux données au-delà de la date de fermeture initiale. Les entrepreneurs doivent prioriser la sauvegarde de leurs factures, devis et informations clients.
Une approche méthodique consiste à exporter les données par catégories : d’abord les contacts clients, puis l’historique de facturation, et enfin les paramètres de configuration. Cette hiérarchisation permet de sécuriser l’essentiel avant de s’attaquer aux éléments secondaires comme la personnalisation graphique ou les modèles de documents.
- Prioriser l’export des factures et devis émis
- Sauvegarder la base clients avec coordonnées complètes
- Récupérer les paramètres de TVA et taux appliqués
- Archiver les documents PDF pour les contrôles futurs
- Noter les références de paiement pour la comptabilité
Comme le rappelle Le Coin des Entrepreneurs, cette transition peut aussi être l’occasion de moderniser ses pratiques de gestion. Certains auto-entrepreneurs profitent de ce changement forcé pour intégrer de nouveaux outils, comme une stratégie de relance client plus efficace ou des solutions de sécurité numérique renforcées.
La migration peut également nécessiter un réaménagement de l’espace de travail. Certains entrepreneurs en profitent pour améliorer leur bureau à domicile ou moderniser leur accès au local professionnel. D’autres optent pour des solutions de stockage externe pour sécuriser leurs archives papier importantes.
Pour les entrepreneurs confrontés à des difficultés techniques complexes, faire appel à un conseil juridique spécialisé peut s’avérer judicieux, notamment pour s’assurer du respect des obligations légales durant la période de transition.
Quelle solution choisir selon votre profil d’activité ?
Qu’est-ce que votre lecteur veut comprendre ? Cette question guide le choix de la nouvelle solution. Un auto-entrepreneur avec une clientèle restreinte et des factures simples n’aura pas les mêmes besoins qu’un consultant gérant plusieurs projets complexes simultanément.
Les profils orientés services (coaching, consulting, formations) privilégieront des outils permettant la gestion de récurrence et l’automatisation des relances. Les activités commerciales nécessiteront plutôt des fonctions de catalogue produits et de gestion des stocks simplifiées.
Certains secteurs d’activité imposent des contraintes spécifiques. Par exemple, les commerçants dans des domaines réglementés doivent s’assurer que leur nouvel outil permet la traçabilité requise par la législation.
Questions fréquemment posées
Puis-je encore récupérer mes données myAE après la fermeture officielle ?
Oui, myAE maintient un accès limité aux données pour permettre leur récupération. Cependant, cette période de grâce ne durera pas indéfiniment. Il est recommandé d’exporter immédiatement toutes vos informations importantes.
La migration vers Evoliz est-elle automatique ?
Non, bien que recommandé par myAE, le passage vers Evoliz nécessite une démarche active de votre part. De plus, cette solution devient payante après une période d’essai, ce qui peut ne pas convenir à tous les budgets.
Mes factures myAE restent-elles valides pour les contrôles fiscaux ?
Absolument. Les factures émises via myAE conservent leur validité légale. Assurez-vous simplement de conserver les PDF originaux dans vos archives, car l’accès à la plateforme sera définitivement coupé.
Comment informer mes clients du changement d’outil de facturation ?
Aucune obligation légale ne vous impose d’informer vos clients du changement d’outil. Cependant, si votre nouvelle solution modifie l’apparence de vos factures, un simple mail d’information peut éviter la confusion.
Existe-t-il une aide financière pour migrer vers une solution payante ?
Certaines régions proposent des aides à la digitalisation des TPE, renseignez-vous auprès de votre chambre de commerce. Par ailleurs, les coûts de migration peuvent être déductibles de vos revenus professionnels selon votre régime fiscal.



