Se former à distance ne veut pas dire passer son examen à distance. Dans la grande majorité des cas, les épreuves des diplômes et des certifications reconnues se déroulent en personne, dans un centre d’examen désigné ou agréé. Qui organise l’examen, où il a lieu et comment on s’y inscrit dépend du type de certification visée. C’est une question à poser dès l’inscription en formation, pas trois semaines avant la session.
Trois familles de certifications, trois logiques d’examen
Le centre d’examen n’est pas choisi par l’école à la légère : il dépend de l’autorité qui délivre la certification. Un exemple illustre bien cette logique. En 2017, l’École française de comptabilité (EFC), organisme de formation à distance, est devenue centre d’examen pour l’Union Professionnelle des professeurs, cadres et techniciens du secrétariat et de la comptabilité (UPPCTSC). Elle permettait ainsi aux candidats parisiens de passer dans ses locaux les épreuves de l’ASCA, une certification d’assistant de comptabilité et d’administration, que l’on soit ou non élève de l’école. Une école à distance qui ouvre des salles d’examen : c’est exactement le rôle de relais que jouent les centres partenaires d’un certificateur.
Dans le détail, on distingue trois cas :
| Type de certification | Qui organise l’examen | Où il se passe |
| Diplôme d’État (BTS, DCG…) | L’Éducation nationale | Dans un centre désigné par l’académie, indiqué sur la convocation |
| Titre professionnel du ministère du Travail | Une session organisée par un centre agréé par l’administration | Dans ce centre agréé, pas forcément chez votre organisme de formation |
| Certification d’un organisme ou d’une branche (comme l’ASCA) | Le certificateur, avec ses centres partenaires | Dans un centre partenaire, à choisir sur une liste |
L’ASCA en est un bon exemple aujourd’hui encore : c’est une certification de niveau 4 enregistrée au RNCP, délivrée conjointement par le CNED et l’UPPCTSC, et ses sessions sont organisées chaque année dans les centres partenaires de l’Union Professionnelle.
Ce sont souvent des profils d’assistants comptables qui se posent ces questions. Si ce métier vous tente, voyez comment la facture électronique transforme le métier d’aide-comptable avant de choisir votre certification.
Comment se passe l’inscription à l’examen
C’est le point qui piège le plus de candidats à distance : l’inscription en formation et l’inscription à l’examen sont deux démarches distinctes. Selon les cas, l’école s’en charge, vous accompagne, ou vous laisse faire seul.
Quelques règles générales :
- Les délais d’inscription tombent bien avant l’examen. Dans l’exemple de 2017, les candidats à la session de mai devaient s’inscrire avant le 7 avril. Pour les diplômes d’État, les inscriptions ouvrent souvent plusieurs mois avant les épreuves.
- Les frais d’examen ne sont pas toujours compris dans le prix de la formation. Pour certaines certifications, l’inscription auprès du certificateur est facturée à part.
- Le centre n’est pas toujours à côté de chez vous. Selon les certifications, il peut y avoir peu de centres par région. Un déplacement, voire une nuit sur place, se prévoit.
Le bon réflexe : demander par écrit, avant de signer, qui inscrit le candidat à l’examen, dans quel centre, à quelles dates, et si les frais sont inclus.

Ce que l’examen évalue vraiment selon la certification
Les épreuves ne se ressemblent pas d’une famille à l’autre, et il vaut mieux savoir à quoi s’attendre :
- Les diplômes d’État reposent surtout sur des épreuves écrites nationales, avec les mêmes sujets pour tous les candidats d’une session, complétées par quelques oraux.
- Les titres professionnels évaluent le candidat en situation de travail reconstituée. Le jury s’appuie sur une mise en situation, un entretien, et le dossier professionnel où le candidat décrit ce qu’il a réalisé, notamment en stage.
- Les certifications de branche ou d’organisme fonctionnent souvent par blocs, avec des mises en situation sur poste informatique. Pour l’ASCA, la fiche RNCP décrit par exemple des épreuves écrites individuelles réalisées sur ordinateur, autour de cas d’entreprise.
Se préparer à distance, c’est donc aussi s’entraîner au format de l’épreuve, pas seulement au contenu : écrit chronométré, logiciel comptable, oral devant un jury.
Les cas particuliers à anticiper
Trois situations demandent de s’y prendre tôt :
- Un handicap ou un trouble de santé. Des aménagements d’épreuves sont possibles (temps supplémentaire, salle adaptée, matériel spécifique), mais ils se demandent en amont, avec des justificatifs. Une demande faite la veille arrive trop tard.
- Un déménagement en cours de formation. Pour un diplôme d’État, c’est l’académie de résidence au moment de l’inscription qui compte en général. Prévenez votre école dès que vous changez de région.
- Un candidat à l’étranger ou en outre-mer. Certaines certifications disposent de centres hors métropole, d’autres non. C’est à vérifier avant de s’engager.
Pour les entreprises : un point à intégrer au plan de formation
Les employeurs qui financent la formation d’un salarié oublient souvent cette étape. Un collaborateur formé à distance devra s’absenter un ou plusieurs jours pour passer ses épreuves, parfois loin de son lieu de travail. Mieux vaut l’avoir prévu dans le calendrier de l’équipe, surtout en période de clôture comptable.
C’est aussi la preuve finale du retour sur investissement : la certification obtenue valide officiellement les compétences acquises. Les raisons pour lesquelles former ses collaborateurs à la comptabilité est un investissement rentable ne tiennent pleinement que si le parcours va jusqu’à l’examen.
Quand on se forme à distance, l’examen reste presque toujours un moment en présentiel, dans un centre qui dépend de la certification visée : académie pour un diplôme d’État, centre agréé pour un titre professionnel, centre partenaire pour une certification de branche comme l’ASCA. Renseignez-vous dès l’inscription sur le centre, les dates, les frais et la procédure : c’est ce qui évite de rater une session pour une simple date limite.



